Impossibilité de manger, douleurs au dos, amaigrissement et fatigue, tels ont été les principaux symptômes de ma maladie. Mais ce sont ces douleurs qui m'ont sauvées : sans elles, je ne me serai jamais rendu compte de ce qu'il se passait.
Tout commence avec le généraliste, une prise de sang et une échographie abdominale. L'échographie présente un signe inhabituel, je passe un scanner. Le scanner confirme une « masse », je suis adressée à un gastro-entérologue. S’ensuit une courte hospitalisation avec fibroscopie des voies digestives, et biopsie.
Il faut 10 jours environ (et que c’est long!) pour connaître les résultats d'une biopsie : et c’est ainsi qu’en octobre 2019 on m’annonce un cancer du pancréas localement avancé.
Localement avancé signifie que l'artère mésentérique qui est au contact du pancréas est affectée par la tumeur. L'artère est touchée, le pancréas est un organe profond, je ne suis pas opérable. La solution : démarrer dès que possible une chimiothérapie.
Voici les étapes :
Sept ans sont passés depuis le diagnostic et 6 ans de la fin des traitements. Les contrôles d’abord trimestriels puis semestriels sont devenus annuels.
Les traitements ont agi incroyablement sur le pancréas, on m’a annoncé une rémission. Jamais encore aujourd’hui aucun médecin n’a utilisé le terme de guérison.
L'aspect positif, c'est aussi une grande force, une sorte de « connaissance » supplémentaire. Bien consciente de cette chance, je vais donc bien, et suis là pour vous encourager, soutenir et échanger.
En 2015 j’apprends être porteuse d’une mutation sur le gène BRCA2.
BRCA1 et BRCA2 sont des gènes que nous possédons tous. Lorsqu'ils fonctionnent normalement, leur fonction est de réparer ou supprimer une cellule qui dysfonctionne ou se multiplie de façon anarchique. A l'inverse s'ils ne remplissent pas leur rôle, on considère alors qu'ils ont muté prédisposant ainsi -mais pas uniquement- aux cancers du sein et/ou de l'ovaire.
Une fois mutés, ces gènes se transmettent de façon héréditaire. Être « mutée » ne signifie pas forcément un cancer à venir, mais suppose une surveillance renforcée. Car plus un cancer est détecté tôt et plus on a de chances d'en guérir.
Me sachant atteinte de cette mutation, je prends les mesures nécessaires et radicales l'année suivante en 2016 pour limiter le risque de cancer. A l’époque, les risques portent sur seins et/ou ovaires et rien d’autre.
Printemps 2019, début des douleurs. Octobre 2019, biopsie. Il y a de nombreux cas de cancer dans la famille, je suis le premier cancer du pancréas. J'apprendrai plus tard que seuls 5-10% des cancers du pancréas sont liés au BRCA2.