Un séance de chimiothérapie

Écrit par Isabelle le 16/11/2022.

Bien sûr, chacun.e vivra sa séance de chimiothérapie, les heures, et les jours qui la suivront différemment. Je ne peux et ne veux ici qu'encourager la personne qui va débuter ses traitements à y croire, et à faire confiance.

La première chimio est très importante dans l'esprit d'un malade qui ne peut s'empêcher de la redouter. Est-ce que ca va faire mal, comment vais-je la supporter, est-ce que je vais perdre mes cheveux, combien de temps ca dure, est-ce que je peux faire quelque chose en même temps ?

Mes 13 séances de chimiothérapie à l'hôpital St Antoine se sont toutes déroulées de la même façon : un patch anesthésiant est posé sur le PAC dès l'arrivée. J'avale un anti-émétique, pour éviter nausées et vomissements. Passe le médecin pour un examen clinique et échanger sur ma forme, mon poids et mon état. Si, examen de sang à l'appui il estime que ca va suffisamment bien, il donne le GO pour que les produits de chimio arrivent. Pendant ce temps là, je suis allongée dans un lit. J'ai eu la chance de bénéficier de soins de support en la présence -entre autres- de la psychologue clinicienne qui est venue me voir à chacune de mes chimio et à laquelle je pouvais me confier, pleurer parfois, mais qui a dans toutes les situations a été là et très précieuse.

La « chimio » arrive dans des poches plastique transparentes. Il y en a souvent plusieurs et comme le protocole est très rigoureux, l'infirmière arrive avec une table roulante, des tuyaux, des compresses, du désinfectant … c'est ca qui m'a le plus impressionnée, la quantité de matériel.

Les produits passent dans le corps les uns après les autres : on ne sent rien, aucune douleur, aucune brulure, comme si c'était de l'eau.

C'est tout de même un peu plus fort que l'eau et je n'ai jamais pu lire de livre car la fatigue s'installait progressivement. J'ai fait quelques mots fléchés, de petits jeux sur mon téléphone, envoyé des sms et écoutais la radio.

Quant à la durée, elle varie : de l'attente avant de recevoir les produits, du nombre de poches plastique à passer (entre 2 et 3 pour moi, hors sérum physiologique qui est lui aussi dans de petites poches) et de leur débit. Au maximum, cela durait 5h. A la fin, j'étais un peu pâlotte et sytématiquement fatiguée, mais ai toujours été capable de rentrer à pied à la maison, soit 20mn de marche.

Les jours qui suivaient étaient très variables. J'ai eu la chance de ne presque jamais être terrassée, n'ai vomi qu'une seule fois. La première semaine n'était pas très facile, la seconde j'étais bien plus en forme et pouvais aller faire des courses, marcher un peu. Un des risques des chimio est la baisse de l'immunité, il faut donc être vigilant aux microbes et aux infections. En cela le COVID m'a bien aidée puisque masque et lavage des mains était presque imposé. J'ai eu de grosses baisses de mes globules blancs, endiguée par des piqûres de Zarzio.

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