Après-cancer : non, rien n'est terminé

Écrit par Isabelle le 30/09/2023.

Pendant la maladie, le patient est malade, c'est clair pour tout le monde : on est en traitement, on va de chimiothérapie en chimiothérapie, parfois en radiothérapie, en chimio-radiothérapie, parfois en salle d'op pour de la chirurgie. Le rythme est précis, connu à l'avance : pour ma part les séances de chimiothérapie avaient lieu tous les 15 jours, les rayons ont duré 6 semaines, au rythme de 5 séances par semaine. Les proches, les amis suivent le rythme et nous encouragent.

Un jour, les traitements prennent fin.

En tant que patient, c'est un très grand jour.

En tant que proche, la maladie est terminée.

Et bien non.

Un parcours recommence, tout autre, mais peut-être plus angoissant que le premier. Explications.

La dernière séance de chimiothérapie, on s'en réjouit très fort : c'est le début de quelque chose qu'on ne sait pas nommer. Le début d'une nouvelle vie, autre, la personne que l'on était avant est passée de l'autre côté. Peut-être vais-je choquer : je l'ai vécu comme un deuil, le deuil de qui j'étais avant pour devenir autre. Pas mieux, pas moins bien, bien sûr. Mais être confrontée à une maladie grave a désormais pour effet la volonté permanente de me prouver que je suis en vie.

L'après-cancer c'est le début d'une autre planification, celle des examens de contrôle. On ne m'a d'ailleurs pas retiré le PAC sous la peau car le cancer peut reprendre, sur le pancréas ou ailleurs m'a t-on bien prévenue. Les deux premières années, les contrôles ont lieu tous les 3 mois. Ils consistent en une prise de sang qui va -entre autres- évaluer les marqueurs du cancer, et un scanner thoraco-abdominien-pelvien, ensuite discutés en consultation avec le médecin. Une fois passées les deux premières années -les plus critiques-, les examens s'espacent et ont lieu tous les 6 mois.

Entre temps, on vit normalement. La vie reprends son cours. On est heureux : tout va bien. Et la nouvelle échéance se rapproche. Personne en bonne santé ne peut se rendre compte de l'angoisse que représentent ces contrôles. Peut-être que tout va bien, et dans ce cas c'est reparti pour un round. Mais si ce n'est pas le cas ? On arrête de nouveau tout pour recommencer ?

Cette surveillance rapprochée est à la fois très rassurante et très angoissante.

De grâce, ne voyons plus la fin des traitements comme la fin de la maladie !

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